mercredi 25 septembre 2013
mardi 24 septembre 2013
lundi 23 septembre 2013
Odette Carignan
« Pendant des siècles nos
vastes plaines restèrent endormies, allongées sous un ciel d’un bleu
impeccable, caressées par les vents chauds de l’ouest ou attaquées, cinglées
par la bise impitoyable du nord. Selon la saison, elles se laissaient bercer.
Un jour,
des hommes l’ont éveillée cette terre vierge, pour la rendre fertile. En
quelques années, elle fut bouleversée, déchirée, dépouillée et même brûlée.
C’est ainsi qu’elle devint notre berceau.
Ces
hommes qui ont tiré les premières raies de charrues ont atteint leur récompense
éternelle. Malheureusement, ces héros de l’Ouest ont passé sur cette terre en
silence, et personne n’a essayé de chanter leurs louanges. Leurs histoires
demeurent inconnues… Nous sommes encore un peuple sans histoire. »*
Sommes-nous un peuple sans
histoire ? À lire ces mots qui ouvrent l’introduction du livre d’Odette
Carignan Mon Homestead, Mes amours,
nous pourrions nous poser la question. Si, vraiment, nous sommes un peuple sans
histoire cela n’est pas du fait de la plume de l’artiste qui a laissé de
nombreux ouvrages littéraires : romans, récits, poèmes ou œuvres
théâtrales.
La communauté de Ponteix est,
aujourd’hui, orpheline d’une grande dame qui a su faire vibrer la belle langue
qu’est le français au travers de ses engagements et de son art. Odette Carignan
maniait les mots avec talent. Elle était, également, peintre.
Pour moi, cette journée est
importante. Arrivée au pays en plein hiver, en novembre 2006, mon premier
contact avec cette femme d’exception s’est fait au moyen d’un pain. Pour un
peu, je vous verrais hausser les sourcils derrière l’écran de votre ordinateur,
votre tablette ou votre téléphone intelligent… à moins que vous n’ayez choisi
d’imprimer ce texte plus long que la moyenne, histoire de ne pas trop fatiguer
vos yeux. Quel rapport entre maintenant, l’hiver 2006 et ce pain ? Les détails,
l’atmosphère, les souvenirs et les sensations : voilà où réside le
rapport.
En cet hiver 2006, donc, un
membre de la famille de Mme Carignan m’a apporté un pain et une
invitation : « Elle te souhaite la bienvenue et espère te rencontrer
bientôt ». Et, en effet, notre rencontre eut lieu peu de temps après. Lorsqu’on
débarque de nulle part – a fortiori
d’un pays où il fait beaucoup moins froid en hiver – on est plus que sensible
aux bontés d’autrui. Cette coutume, gentillesse ou attention n’est pas, non
plus, habituelle en France. C’est peut-être pour cela que je l’avais tellement
remarquée. Pour cela, ou parce qu’en me tendant ce pain maison, on m’a
dit : « Elle l’a fait pour toi ».
Odette avait une oreille
attentive et un grand sens de l’humour en plus de sa générosité. Elle s’est
toujours tenue au courant de ce qui se passait dans la communauté et m’a guidée,
plus d’une fois, en m’éclairant de ses conseils avisés.
Elle a contribué, à travers sa
démarche artistique et ses choix de vie, à l’élan de la culture francophone de
notre petite ville, de notre province et de la langue française à travers le
pays.
Alors, à votre avis,
sommes-nous vraiment un peuple sans histoire ?
Cindy Legrand
* "Mon Homestead, Mes amours", Odette Carignan, Les Éditions Louis Riel, 1985, Regina
Merci à Pascale et Lise pour leurs relectures et corrections !
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“For centuries our vast plains remained asleep, laid
under an open blue sky, caressed with warm West winds or was attacked and
slashed by the cold and harsh North wind. Depending on the season, they let
themselves be gently rocked.
One day, men awoke this virgin territory, to make it
profitable for agriculture. In just a few years it was broken, torned, stripped
and even burnt: this is how it became our cradle.
The men who pulled the first ploughs have attained
their eternal award. Unfortunately, these unspoken West heroes passed from this
earth silently and nobody ever sung their praises. Their stories remain
untold... We are a people without history.”*
Are we a people without history? By reading the
introduction of Odette Carignan’s “Mon Homestead, Mes amours”, we wonder if it
is true. If we are people without history, it is not because of the artist who
left numerous literary works. She wrote novels, stories, poems and plays.
The Ponteix Community, today, is an orphan: orphan
from a lady who demonstrated commitment through her art and her way of life
towards the beautiful French language. Odette Carignan knew how to deal with
words. She was also a painter.
For me, this is an important day. When I arrived in
November 2006, the first contact we had was because of a load of bread. Bread?
Are you kidding me? This is probably what you are thinking by reading these words
in front of your computer or tablet or smart phone screens, but maybe you
decided to print out that text on a paper to spare your eyes with a too long
reading. What is the point in talking about this today, the winter 2006 and
that bread? Well, the point is in the details, the atmosphere, the memories and
the emotions.
The winter of 2006, a member of Mrs Carignan’s family
brought me a load of bread and an invitation: “She welcomes you and wishes to
meet you soon.” And we met. When arriving from afar – especially from a country
where winter sounds like a joke in Saskatchewan – we are receptive to
attentions. This tradition or kindness to offer gifts to newcomers is not a
habit in France; maybe that is why it impressed me so much. That or the fact I
was told: “She made it for you”.
In addition to being generous, Odette knew how to
listen people and had a great sense of humour. She was involved in her
community and showed me the way more than once by providing good advices and
offering guidance in several questions.
She contributed to the francophone culture of our little
town, our province and to the French language across the country.
So, do you really think we are a people with no
history?
Cindy Legrand
*"Mon Homestead, Mes anours", Odette Carignan, Les Éditions Louis Riel, 1985, Regina
Thanks Pascale and Lise, for your proofreading and error fixing!
mercredi 18 septembre 2013
27 septembre - September 27th
Peindre "à la manière de..."
Painting in the style of an artist...
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jeudi 12 septembre 2013
Zoé Fortier*
Cette illustratrice et graphiste de talent est originaire de Zénon Park, en Saskatchewan.
On a pu la voir sur scène, au
Centre Culturel Royer de Ponteix, en octobre 2012 lors de l’Année des
Fransaskois. Lors de la tournée « Mirador », album éponyme d’Alexis Normand, elle avait réalisé une série d’œuvres hautes en couleur.
On peut ressentir une influence
de l’art naïf dans sa démarche artistique.
On suivra de prêt le travail de
cette talentueuse artiste.
***
An illustrator and talented graphic designer,
Zoé Fortier comes from Zenon Park, Saskatchewan.
We had the opportunity to experience her work
in October 2012, during the Year of the Fransaskois, at the Cultural Centre
Royer in Ponteix. She realised a series of attractive and colourful paintings,
related to Alexis Normand’s album “Mirador”.
Her work is strongly influenced by Naïve Art.
We will closely follow this promising artist.
* Un autre immense merci à Pascale pour son aide à la traduction ! A huge, huge thanks to Pascale for her help: your contribution is more than welcome!
mardi 10 septembre 2013
Écrire - About writing
Merci infiniment à Pascale pour son appui dans la version anglaise de cet article ! - I would like to thank Pascale for her support with the english version of the following article!
Écrire
Le 27 septembre, à la
bibliothèque « Chinook de Ponteix », les participants de la fête de
la culture pourront participer à des exercices d’écriture : calligraphie,
composition de chansons et de poèmes, écriture de nouvelles et dialogues. Il y
en aura pour tous les goûts !
Afin d’accompagner cette
rencontre avec les mots, le visiteur aura l’occasion de découvrir une
mini-exposition consacrée à Odette Carignan, auteur local. Cette exposition
permettra de voir des manuscrits avant leur édition, ainsi que les ouvrages
publiés. Nous verrons que Ponteix tient une place dans le monde de la
littérature.
Alors, n’hésitez pas ! Venez
partager vos mots et prendre la plume le vendredi 27 septembre prochain !
***
About writing
During the Culture Days in Ponteix, the participants
are invited to the library to take part in a writing workshop: calligraphy,
lyrics and poetry composition, short stories and dialogs creation. Whatever
your talent, you will have fun!
Visitors will also have the opportunity to
discover a small exhibition about Odette Carignan, a local author. The exhibit
will show books before and after publishing, an opportunity to put Ponteix on the
map.
So, what are you waiting for? Come and share
your words on Friday 27th September!
mardi 3 septembre 2013
Mais qui est Mohammed Moulessehoul ? - Who is Mohammed Moulessehoul?
Ce nom ne vous dira peut-être rien, de prime abord. Par contre, il est possible qu'au cours de vos lectures, vous ayez tenu entre les mains un roman de Yasmina Khadra. Si vous connaissez Khadra, alors vous savez qui est M. Moulessehoul.
Mohammed Moulessehoul est né en 1955, en Algérie. Il a longtemps servi dans l'armée algérienne avant de démissionner en 2000. Entre temps, il est devenu l'auteur de plusieurs romans dont nombre ont obtenu des prix littéraires. Pour ne citer que quelques-unes de ses œuvres, le lecteur pourra lire Les Hirondelles de Kaboul, L'Attentat ou encore Morituri.
L'œuvre de Khadra a été adaptée au théâtre, au cinéma, en bande-dessinée ou encore sous forme de chorégraphie. De plus, ses romans sont traduits dans plus de trente-trois langues.
Plus récemment il a cosigné, avec Rachid Bouchareb, le scénario du film Enemy Way.
Et pourquoi ce choix de nom de plume pour l'auteur ? Un choix engagé si l'on considère ce patronyme féminin. Yasmina Khadra sont les deux premiers prénoms de son épouse. Une manière de lui rendre hommage, donc, mais pas seulement. À l'époque de ses premiers écrits, M. Moulehessoul était militaire. Son pseudonyme était un moyen de faire interagir ses deux vocations sans qu'elles empiètent l'une sur l'autre. De plus, pour un homme, choisir un pseudonyme à consonance féminine est une façon de montrer à la femme Algérienne son respect et son admiration.
En attendant de nous replonger dans ses romans, nous vous proposons en partage cet extrait de la version filmée de Ce que le Jour doit à la Nuit dont voici une brève citation :
"La vie est un train qui ne s'arrête à aucune gare. Ou on le prend en marche ou on le regarde passer sur le quai, et il n'est pire tragédie qu'une gare fantôme."
Who is Mohammed Moulessehoul? That name does not tell you much. But you may have heard of Yasmina Khadra. If you know Khadra, then you know M. Moulessehoul.
Mohammed Moulessehoul was born in 1955, in Algeria. He served with the Algerian Army prior to resigning in 2000. He had meanwhile become the author of some prize-winning novels. To name but a few of these books: The Swallows of Kabul, The Attack and Morituri.
Several of his books have been adapted for theatre, cinema, comics or dance. His novels have been translated into thirty-three languages.
More recently, he co-signed Enemy Way's script with Rachid Bouchareb.
Why this pseudonym? Yasmina Khadra are the first names of his wife: a wonderful way to pay tribute to her. When he began his writing career, M. Moulessehoul was a soldier. His pen name was a way to combine his two jobs as well as showing his respect and admiration to the Algerian women.
Before we go back to our readings, we would like to share an extract of his novel What the Day owes the Night as well as the trailer of the movie adapted from the book:
"Life is a train that stops at no stations; you either jump abroad or stand on the platform and Watch as it passes."
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